REAGIR

3 réponses

2 03 2009
Filhon Stéphane

Bonjour à toutes et à tous.
Deux semaines se sont passées depuis l’assemblée de Niort, ce qui laisse un peu de temps, de recul et de réflexion.
Je demeure un peu dubitatif en ce qui concerne les réelles incidences de ce type de démarche, tout au moins en ce qui concerne les résultats et les répercutions concrètes sur le terrain.
En dehors du fait de l’intérêt positif à propos d’occasion que les rencontres humaines de ce type de manifestation et du constat permanent de la difficulté générale de chacun à évoluer au sein de ce domaine qui est le notre, quelques questions demeurent malgré tout floues en ce qui me concerne.
Quel est le réel pouvoir de tout ceci face à une société qui se veut de plus en plus structurée et classificatrice?
A part pour celles et ceux qui ont pu trouver un cadre de professionnalisation dans le secteur subventionné par l’état et les régions, quelles perspectives pour les autres et ceux qui sont à la base de tout ceci (j’entends par là les créateurs et artistes en quête d’existence matérielle et financière)?
Quelle est la place de la créations qui la plupart du temps se situe bien loin de ce qui peut se dire et s’envisager dans ce type de manifestation?
Je ne sais pas si je suis très clair, mais en ce qui me concerne (chacun prêche pour sa propre paroisse) comment trouver sa place dans tout ceci?
Nous, les créateurs et les artistes, sans qui rien de tout ceci n’existerait, quelles sont les alternatives, les pistes et les possibilités d’évolution?
Sans quelqu’un qui s’occupe de notre promotion et de la recherche concrète de dates et de lieu où s’exprimer, que pouvons-nous faire?
L’artiste est par définition bien souvent un piètre commercial et promoteur et pourtant il en ressort que peu d’alternatives autres s’offrent à nous!
Difficile d’ être chef d’entreprise quand la plupart de nous sont presque totalement à l’ouest dans ce système où l’on ne parle presque que de démarche commerciale et rentable.
Je ne cherche pas à passer pour un caliméro, ni à jouer les pauvres victimes d’artiste maudit subissant le système, néanmoins, chacun ne peut être qu’à sa place et la plupart des intervenant de l’autre jours ne sont en réalité que des sortes de fonctionnaires qui vivent matériellement des places et fonctions qu’ils occupent alors que la base de tout ceci, à mon humble avis,dépend avant tout des créateurs et des artistes.
Le problème demeure qu’en réalité, pour ceux-là dont je fais partie,il est de plus en plus difficile d’exister dans ce monde et cet univers codifié par des lois et des structures toujours plus éloignées du quotidien et du réel des artistes qui n’ont pas la veine commerciale et promotionnelle.
Finalement, le rôle de structures subventionnées telles que les vôtre, ne devraient elles pas avant tout se situer sur la démarche primordiale d’aider les artistes à exister plutôt que le maintient des postes et lieux de diffusion actuels? ( qui d’ailleurs ont aussi le droit et le mérite d’exister).
Cela me fait parfois penser à ces gens qui essaient d’aider les pauvres alors qu’ils n’ont jamais manqué de rien. Bien que leurs intentions soient louables et respectables, la plupart du temps, ils tapent complètement à coté et finissent par générer des situations et des réalités à l’opposé de leurs intentions premières, voir même parfois insultantes pour celles et ceux qu’il sont sensés vouloir aider et démerder.
Bref, pour moi la question essentielle demeure et je ne l’ai pas encore vue abordée dans tout ceci:
Où est la place de l’humain, de la relation et la chaleur humaine consciente dans tout ceci?
En temps que salariés de structures officielles vivant plus ou moins confortablement, votre rôle n’est il pas avant tout d’être aussi des sortes d’agents pour ceux qui ne savent pas s’y prendre?
J’espère ne pas trop jouer les casse couilles de service dans ce petit courrier, mais vous, tous les “grands”, qui vivez matériellement de vos postes et fonctions dans les structures qui nous ont réunis l’autre jour à Niort, je comprends bien vos inquiétudes, mais ne vous trompez vous pas de priorités?
Quelle place, quelle perspective d’aide concrète et quelle alternative pour nous permettre d’en vivre nous aussi nous proposez-vous?
En avant pour le débat!
Ne prenez pas ceci pour une quelconque attaque gratuite, il s’agit simplement d’essayer d’établir un réel dialogue afin de trouver des solutions concrètes qui permettent à chacun d’exister.
Puisque nous sommes dans une phase de dialogue et de concertation, je me permet donc de prononcer ces quelques considérations qui me semblent fondamentales dans la démarche actuelle qui semble être l’intention première du processus mis en place par vos services officiels et sympathiques.
En avant pour le débat!
A bientôt!
Cordialement et respectueusement!
Stéphane (Eughêne Deux Gaules)

9 03 2009
STRANGEIRO

Bonjour Stéphane (Eughêne Deux Gaules) !

Nous ne nous connaissons pas et je n’étais malheureusement pas présent aux Rencontres de Niort. Mais permets-moi de réagir à ta proposition de débat.

Tout d’abord, je pense qu’on écrit jamais gratuitement ce que tu as écrit.
En tant qu’artiste, tu veux t’exprimer. Et être entendu. Même partiellement.
Pour toi : « il s’agit simplement d’essayer d’établir un réel dialogue afin de trouver des solutions concrètes qui permettent à chacun d’exister ».
Hé bien !? Cette phrase me plonge dans la tourmente car tu dis là quelque chose de fondamental et de paradoxal.
Si je prends la porte d’entrée du « permettre d’en vivre », c’est terrible comme j’ai envie de sauter par la fenêtre (mais j’habite le rez-de-chausée) ou de relire une partie des travaux de la Coordination des Intermittents et Précaires http://www.cip-idf.org au sujet du travail discontinu…
Oui, les artistes sont depuis plusieurs décennies les cobayes (consentants ?) pour expérimenter les nouvelles formes du capitalisme.

Je ne suis pas d’accord avec toi quand tu écris souhaiter que les salariés des structures officielles soient des sortes d’agents. Désolé, ce n’est pas leur travail. Il y a déjà suffisamment de confusion des genres un peu partout, et surtout dans le théâtre ou les arts plastiques, pour qu’on en rajoute pas une couche.
En France, un artiste n’est souvent reconnu que s’il répond à cette triangulaire : le marché l’absorbe, les médias le ventilent, et le ministère l’adoube.
La question n’est pas de savoir si c’est navrant ou regrettable, mais plutôt de chercher des alternatives (mot que j’aime sans doute autant que toi). Et sans angélisme aucun, je défends que la plupart des personnes qui travaillent dans ces structures officielles essaient de trouver les outils qui permettent d’élaborer les dites alternatives.
Oui, les artistes gueulent beaucoup depuis plusieurs décennies mais j’ai souvent constaté que nous étions aussi très mal informés et très mal organisés.

« Nous, les créateurs et les artistes », qu’est-ce que cela veut dire au juste ?
Arrêtons de sanctifier la parole de l’artiste et du créateur. Il existe des artistes dont les œuvres me transportent, mais dont les actes de la vie quotidienne me font vomir. Et vice-versa !

Essayons de débattre comme des citoyens qui, par l’expression artistique, cherchent à transformer les rapports sociaux.

Pour le reste, particulièrement tout ce qui touche à l’économique, il y a déjà légalement et historiquement tout ce qu’il faut du côté des coopératives et des mutuelles… c’est une volonté collective de dingues qu’il faut avoir ! Mais faut savoir ce que l’on veut…

Pour finir, la parole des élus politiques m’intéresse vraiment quand elle ose se frotter à ce type de débat. En Poitou-Charentes, qui ose le faire ?

Keytal STRANGEIRO
http://www.strangeiro.com

5 06 2009
Antoine Lamblin (Pays Marennes Oléron)

Le Pays Marennes Oléron mène depuis janvier 2009 une démarche pour le développement des pratiques musicales. Nous suivons donc avec intérêt la concertation régionale.
Suite à une enquête du Pays Marennes Oléron (questionnaires + réunion avec les acteurs), nous pointons du doigt 2 constats (entre autres) :
- la carence en lieux de répétition
- le manque de concerts de musiques actuelles sur notre territoire
Il y a d’infos sur le blog Musiques Marennes Oléron.
Nous réfléchissons aux actions que le Pays pourrait mettre en place en réponse à ces constats.
A bientôt pour la suite.
Antoine Lamblin, chargé de mission culture PMO

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